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Après avoir reconnu les défaillances des ponts-bascules, dont le réglage faisait partie des doléances des transporteurs qui avaient observé un arrêt de travail, le gouvernement a pris des mesures d'apaisement, visant à faciliter les conditions de circulation des gros véhicules de transport sur le territoire national. Du coup, le groupement des transporteurs routiers a décidé de mettre fin à sa grève.
Ces mesures ont été portées à la connaissance des transporteurs, le mardi dernier, dans l'après-midi, au siège du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR) par les émissaires du ministère de l'Equipement et des transports et de celui de la Sécurité intérieure et de la protection civile.
Il s'agit entre autres de la suppression de certains postes de contrôle; la restitution des sommes indûment encaissées aux postes de péage et de pesage, suite aux problèmes de pesage ; la suppression de la taxe d'usage routier ; la disponibilité des cartes grises des véhicules retenus au niveau des postes de pesage, etc.
La rencontre était présidée par le représentant de la direction nationale des transports, Mamadou THIERO. Il avait à ses côtés le représentant de la brigade territoriale de gendarmerie de Faladiè, Moussa TOURE, et le président du Conseil malien des transporteurs routiers, Youssouf TRAORE. On y notait également la présence de plusieurs transporteurs et opérateurs économiques maliens.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, le président de séance a fait savoir que son ministère a envoyé sur le terrain, dans un premier temps, à Kayes, Sikasso et Ségou, des missions d'explication, comprenant les représentants du CMTR, de la Chambre de commerce et d'industrie, du Conseil malien des chargeurs et du département de l'Equipement pour informer les transporteurs de ces régions des nouvelles mesures prises pour atténuer leurs souffrances.
M.THIERO a reconnu la défaillance des ponts-bascules, caractérisée par la non maîtrise des paramétrages. Ce qui, du coup, fait subir aux transporteurs le paiement d'exorbitantes sommes indues. Selon lui, il y a eu un problème technique, c'est à dire, au lieu de prélever le poids total autorisé à la charge (PTAC), les agents appliquaient la pesée à l'essieu qui doit entrer en vigueur à partir du 1er juillet prochain. Aussi a-t-il rappelé que la charge à l'essieu admise est de 14 tonnes; au-delà, le transporteur est passible du paiement de 10 000 FCFA/tonne. A propos des surplus payés, il a été décidé au niveau du département de restituer les sommes perçues aux transporteurs contre présentation de reçus.
L'autre point développé par le représentant de la direction nationale des transports a porté sur la taxe d'usage routier. A ce sujet, a-t-il soutenu, le principe de sa suppression est acquis. Toutefois, comme il s'agit d'une loi, la suppression doit suivre le processus d'abrogation.
Concernant le démantèlement des barrages, à savoir la réduction du nombre de postes de contrôle et de services de contrôle, selon M.THIERO, les actions sont en cours pour harmoniser les textes maliens avec ceux de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Mais d'ici à là, le ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile a décidé de la suppression de certains postes de contrôle.
L'application du protocole d'entente signé entre les transporteurs et les commerçants pour le transport des marchandises a été le point d'achoppement de la rencontre qui a décidé un nouveau rendez-vous pour débattre de la question.
Le président du CMTR s'est félicité de la prise par le gouvernement de ces mesures d'apaisement qui témoignent de sa reconnaissance de la place qu'occupent les transporteurs et les opérateurs économiques dans le développement du Mali. Par ailleurs, il a exprimé le vœu de certains transporteurs qui souhaiteraient le maintien de l'ancien système de pesage.
Quant aux intervenants, ils ont salué l'initiative. Mais beaucoup sont restés sur leur faim. Car les mesures annoncées sont peu édifiantes. Aussi ne prennent-elles pas en compte les nombreuses préoccupations des transporteurs, notamment la question de la carte de transport.
En tout cas, cette démarche du gouvernement a permis d'éviter au Mali une grève des transporteurs routiers, aux conséquences incommensurables pour l'économie et le peuple malien.
En guise de rappel, les points de revendications du groupement des transporteurs routiers étaient : la suspension des pesées à l'essieu; la suppression de la redevance (taxe routière) car il y a péage; et la limitation des postes de contrôle en respectant les textes communautaires.
Sékou CAMARA |