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L’étape la plus difficile des travaux, la pose des poutres, a débuté.
Il y a an (le 13 février 2009), le président de la République, Amadou Toumani, Touré et son homologue de la République Populaire de Chine, Hu Jintao, procédaient au lancement des travaux de construction du 3ème pont de Bamako baptisé "Pont de l’amitié sino-malienne".
L’ouvrage est un don de la République Populaire de Chine à notre pays. Son coût est estimé à 30 milliards de Fcfa. Il mesure 1,6 kilomètre de long.
Lorsqu’on lui ajoute les voies d’accès, l’infrastructure aura une longueur totale 2,2 kilomètres. Ce pont contribuera à améliorer la circulation, assurer la sécurité routière et embellir la capitale. Le taux d’exécution des travaux était de 40% la semaine dernière.
"Les délais contractuels seront respectés", promet Issoufou Touré, le chef du projet. En effet, l’entreprise chinoise CGGC chargé des travaux est entrée dans la phase de pose des poutres.
La cérémonie de pose de la première d’entre elles s’est déroulée vendredi en présence du ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, de son homologue du Logement, des Affaires foncières et l’Urbanisme, Mme Gakou Salimata Fofana, de l’ambassadeur de Chine au Mali, Zhang Guoqing, du gouverneur et du Maire de District, Ibrahim Féfé Koné et Adama Sangaré.
L’achèvement de la phase de pose des poutres signifiera la fin des travaux de gros œuvre après les travaux de fouille et d’implantation des piles.
Les poutres sont des éléments qui font partie de la superstructure du pont.
Supportées par les piles, c’est sur les poutres que va reposer le tablier.
Au total, 1024 poutres d’une longueur de 30 m chacune vont composer le tablier.
Elles sont fabriquées sur le chantier par l’entreprise chinoise qui a en déjà confectionné 400, à raison de 4 poutres par jour.
Le chantier est immense. Tous les membres l’administration du projet sont logés à "la base vie" du chantier pour être disponibles à tout moment.
Les travailleurs, répartis sur les deux rives du fleuve Niger, bossent 7 jours sur 7, jour et nuit.
Le chantier est raccordé au réseau d’eau et d’électricité de l’Energie du Mali. Il est bien approvisionné en matériaux de construction (ciment, sable, gravier, fer) qui sont entassés de part et d’autre sur les deux rives.
Environ 700 ouvriers maliens et 120 Chinois travaillent sur le chantier où l’on rencontre aussi des étudiants de l’Ecole nationale d’ingénieurs.
Ceux-ci viennent y compléter les connaissances qu’ils ont acquises à l’école. Le chantier du 3ème pont représente pour eux une véritable école pratique.
Presque toutes les fondations sont terminées. Sur les 136 pieds qui doivent supporter la superstructure, 100 étaient terminés. Il existe deux types de poutres pour la confection du tablier.
Les préfabriqués sont des poutres réalisés dans des unités de fabrication installées sur les deux rives et transportés ensuite sur les piles.
Les unités ont fini de réaliser les 380 préfabriqués et l’équipe de Missabougou a commencé l’installation des poutres. « C’est la phase la plus difficile des travaux de construction du pont », explique Issoufou Touré.
Cette phase va perturber la circulation sur la voie Magnambougou-Missabougou. Le chef de projet et les agents de la circulation routière étaient en train étudier les possibilités de déviations pour soulager les usagers de la route.
Le poids des poutres préfabriqués varie de 20 à 70 tonnes et leur taille de 20 à 30 mètres. À côté des préfabriqués, il y a les grosses poutres de 70 tonnes qui mesurent chacune 58 mètres.
Celles-ci seront coulées sur place. Ce travail concerne l’endroit le plus profond du fleuve communément appelé "chou ta dounou" en langue nationale bambara, où les pieds sont assez distants les uns des autres. Le dosage du béton est réglé par un système informatique.
L’ambassadeur de Chine au Mali, Zhang Guoqing, a rappelé l’importance que son pays accorde à la réalisation du 3ème pont de Bamako. Le diplomate a relevé que la pose des poutres, juste un an après le lancement des travaux, est une phase importante dans l’exécution de l’ouvrage dont la fin des travaux est prévue avant le 22 septembre prochain.
Il a promis que la Chine s’investira pour que le délai contractuel soit respecté.
Le directeur de l’entreprise, CGGC, Ma Jiangquan, a expliqué que malgré les difficultés inhérentes à un chantier de cette dimension, l’ouvrage pourra être achevé à 95% à la date du 22 septembre 2010.
"Il y a eu des difficultés liées aux revendications des ouvriers, aux comportements de certains qui ne respectent pas les normes de sécurité sur les chantiers, mais également des problèmes de communication entre la direction de CGGC et les ouvriers. Mais tous ces problèmes ont été réglés", assure le directeur de CGGC. En procédant à la pose de la première poutre, le ministre, Ahmed Diane Séméga, s’est réjoui de l’état d’avancement du chantier.
L'Essor du Mardi 16 février 2010 Souleymane Doumbia |