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En attendant l’achèvement de plusieurs chantiers d’envergure comme le troisième pont, l’échangeur multiple, l’Anneau Sotrama, le projet de tramway, se déplacer dans la capitale reste un vrai casse-tête.
L’efficacité du système de transport est un facteur essentiel pouvant accélérer la croissance économique et contribuer à la réduction de la pauvreté. Conscients du rôle majeur des transports dans le développement, les pouvoirs publics ont ces dernières années, accordé une place prépondérante à la construction de routes. Mais si le pays peut être fier de tout ce qu’il a réalisé comme infrastructures de transport, il n’en demeure pas moins que la gestion de ce transport reste un vrai casse-tête dans le district de Bamako. La réunion annuelle des transports de surface qui s’est ouverte hier veut trouver des solutions appropriées à ces difficultés. Elle a donc choisi comme thème central cette année : "la mobilité urbaine dans le district de Bamako". La cérémonie d’ouverture de cette rencontre a été présidée par le ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, et s’est déroulée en présence des gouverneurs de région, de parlementaires, d’élus municipaux et des responsables des directions et services chargés des transports. La réunion est aussi un lieu d’échanges d’expériences entre les professionnels du secteur et entre les usagers du transport. Elle se veut un cadre de concertation pour établir le bilan des réalisations de l’année qui s’achève et programmer les activités de la nouvelle année. Dans le domaine des transports, l’année passée a été marquée par une série d’activités parmi lesquelles la poursuite des réformes institutionnelles, les actions de sensibilisation des usagers, notamment dans le domaine de la lutte contre l’insécurité routière. Le renforcement des capacités de l’administration des transports, la poursuite des actions envisagées dans le cadre du renouvellement du parc des véhicules commerciaux font également partie des acquis. Par ailleurs, la direction des transports terrestres, maritimes et fluviaux a cherché et trouvé un partenaire stratégique pour l’exploitation des ports secs de Kayes, Sikasso et Gao. Elle a ouvert des subdivisions des transports terrestres et fluviaux à Kolokani, Diré et Ansongo. Une opération pilote de suivi électronique des véhicules par GPS le long de certains axes routier a été initiée. Et ce n’est pas tout. L’année écoulée a été marquée par le démarrage effectif du deuxième Projet sectoriel des transports (PST-2). Cela s’est concrétisé par la construction des quais fluviaux de Dioro, Konna, Diafarabé et Ténenkou, et la recherche de solutions pour améliorer l’activité ferroviaire.
DE GROS BESOINS D’INVESTISSEMENT
Dans le cadre du Programme régional de facilitation des transports et du transit routier en Afrique de l’Ouest (PRFTTAO), la direction des Transports terrestres, maritimes et fluviaux a fait construire deux aires de repos à Bougouni et Sikasso et deux postes de secours routiers à Ouéléssébougou et Bougouni. Malgré ces efforts, le secteur des transports a encore besoin de beaucoup d’investissements que l’État seul ne peut supporter, a expliqué le ministre Séméga. Durant l’année écoulée, en plus des actions en cours, ont été engagées des mesures visant à améliorer la mobilité urbaine et à assurer la fluidité du trafic sur les corridors routiers. L’application des directives de l’UEMOA relatives à la facilitation des transports et transit et au contrôle des charges à l’essieu, a aussi démarré. Ces directives sont destinées favoriser le déplacement à moindre coût et en toute sécurité des personnes et des biens tout en préservant nos routes. Il est prévu d’installer un comité de pilotage qui va effectuer les ajustements nécessaires et appliquer les mesures d’accompagnement identifiées par l’administration, les transporteurs et les usagers du transport. Le ministre de l’Equipement et des Transport s’est réjoui du thème central choisi pour ces assises. Ce thème, a-t-il précisé est d’une grande actualité au regard des difficultés que rencontrent les usagers de la route dans la capitale. Pour Ahmed Diane Séméga, ces difficultés découlent autant de l’inadéquation des moyens de transports que de l’état des infrastructures et équipements. "Au moment où Bamako se dote d’un troisième pont, d’un échangeur multiple et que le projet de tramway fait son chemin, on doit réfléchir à la manière d’optimiser l’exploitation de toutes ces infrastructures et équipements au bénéfice de la population", a préconisé le ministre.
UN PLAN DE CIRCULATION DATANT DE 1988
Dans un exposé sur la mobilité urbaine à Bamako, Malick Kassé de la direction des Transports terrestres, maritimes et fluviaux, a expliqué que la notion de mobilité urbaine englobe un ensemble de mesures générales qui inclut l’accessibilité garantie, la mobilité durable, la réalisation, le maintien et la modernisation des réseaux de transports en fonction des besoins futurs. Avec une population estimée à 1,8 million d’habitants et un taux d’accroissement de 5,4 % supérieur à la moyenne nationale, Bamako fait face à d’importants problèmes en termes d’aménagements et de mobilité urbaine. L’organisation de la circulation dans le District remonte à un plan établi depuis 1988. Les 60 principales intersections du centre-ville sont gérées par des feux tricolores pas toujours coordonnés. Le transport public est assuré par divers types de véhicules. Des études menées en 2002 et 2009 ont révélé que les déplacements de personnes entre les deux rives du fleuve Niger constituent 50% de la demande totale (entre 40 à 60 000 échanges par heure de pointe). En absence d’une étude sur le sujet, il a été constaté une forte évolution de la mobilité individuelle depuis 2002. Cette évolution s’est traduite par la congestion du centre-ville qui se trouve asphyxié. Autre constat : plus de la moitié des accidents de la circulation dans la capitale impliquent les minibus de transport commun qui ne représentent qu’environ 34% des véhicules immatriculés. Il ressort également de l’exposé qu’au nombre des projets en cours pour répondre au besoin de mobilité dans la capitale, figurent la réalisation de l’Anneau Sotrama, l’échangeur multiple et le troisième pont en cours de construction. A ces projets s’ajoutent le futur tramway, un projet de parking à 3 étages et le renouvellement du parc de taxis. En terme de perspectives, une étude recommande la construction d’un quatrième pont, l’élaboration d’un plan de transport pour le District et la construction de ports secs.
L'Essor du Mercredi 3 février 2010 Baye Coulibaly |