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Dans la foulée de son 50è anniversaire, l'agence met notamment en chantier à Bamako un centre délégué d'information en vol.
L'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) aura 50 ans le 12 décembre prochain. En prélude de la célébration de cet événement, l'agence poursuit sa politique de modernisation et de renforcement de ses capacités à travers la mise en place d'outils performants dans les différents pays membres. C'est dans ce cadre que le ministre de l'Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, et le directeur général de l'ASECNA, Youssouf Mahamat, ont posé hier la première pierre du Centre délégué d'informations en vol (CDIV) et du projet d'extension de la centrale électrique de l'aéroport international Bamako-Sénou.
La cérémonie qui s'est déroulée à l'aéroport Bamako-Sénou a enregistré la présence de membres du gouvernement, du maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon, du représentant national de l'ASECNA, Khalilou Bougouno Sanogo, de la directrice générale d'Aéroports du Mali (ADM), Mme Thiam Aya Diallo, et de nombre de personnalités et opérateurs économiques.
Le nouveau centre délégué d'informations en vol et l'extension de la centrale électrique qui vont coûter environ 4 milliards Fcfa concrétisent la volonté politique des Etats membres de faire de l'ASECNA un véritable outil d'intégration sécurisé, mais aussi et surtout adapté au concept actuel de la mondialisation.
Le Centre délégué d'information en vol (CDIV) est un service à partir duquel sera géré l'ensemble du trafic aérien en espace inférieur et au besoin, en espace supérieur du territoire national. Il participe de la politique de rationalisation adoptée par le Comité des ministres de tutelle pour la gestion des espaces aériens des États membres de l'ASECNA. Le centre comprend des bâtiments équipés d'installations techniques et des bureaux pour les services de la circulation aérienne dans l'enceinte du domaine aéroportuaire.
Le projet prévoit également l'installation d'une nouvelle station de communication par satellite à Kidal et le renforcement des stations de Gao, Mopti Ambodedjo, Tombouctou et Bamako-Sénou. Quant à l'extension de la centrale électrique, elle concerne l'acquisition de nouveaux groupes électrogènes de grande puissance ainsi que le renouvellement des feux de balisage de la piste d'envol et de la rampe d'approche de l'ADM. La fin des travaux des infrastructures est prévue pour 2011.
Le représentant national de l'ASECNA, Khalilou Bougouno Sanogo, le délégué du personnel de l'ADM, Karim Sangaré, et le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon, se sont relayés à la tribune pour exprimer leur joie d'être soit l'hôte, soient les principaux bénéficiaires de ces outils.
Si pour le maire de la Commune VI, le CDIV contribuera à l'embellissement de sa circonscription, le représentant national de l'ASECNA et le délégué du personnel, envisagent le centre comme un outil moderne de travail qui contribuera à assainir l'environnement de travail et permettra d'améliorer le service aérien.
Le directeur général de l'ASECNA, Youssouf Mahamat, saisira l'occasion pour faire la genèse de l'agence. Créée par la convention de Saint-Louis le 12 décembre 1959, l'ASECNA est un fournisseur de services publics de navigation aérienne, en lieu et place et sous la responsabilité de ses États membres. Elle compte aujourd'hui 17 pays.
L'agence couvre plus de 16 millions de km2 d'espace aérien, repartis en six régions d'information de vol appelé Flight information région (FIR), gérées par cinq centres régionaux de navigation aérienne (CRNA).
L'ASECNA apporte aux aéronefs qui pénètrent dans son espace aérien toute l'assistance nécessaire dans les domaines de la circulation aérienne et de la météorologie concourant ainsi à la sécurité et à la régularité des vols.
TROIS PERIODES DISTINCTES
L'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar est reconnue aujourd'hui par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et les usagers du transport aérien comme un des plus anciens instruments d'intégration africaine et un modèle de gestion coopérative d'espace aérien que les États membres sont les premiers à mettre en oeuvre dans le monde. Ce statut lui a valu le prix Edward Warren décerné par l'OACI en 1972 en guise de reconnaissance pour son apport dans la chaîne de la sécurité aérienne.
Evoquant les festivités d'anniversaires de l'Agence lancées depuis juillet dernier à Ouagadougou, Youssouf Mahamat a distingué trois périodes distinctes dans ces 50 ans de longue et riche histoire. Ainsi la période 1959 à 1974 a été marquée par la création des centres régionaux de formation, la révision de la convention de Saint-Louis à travers l'africanisation du poste du directeur général, le transfert du siège de Paris à Dakar et la création du Comité des ministres de tutelle et enfin la création de la redevance aéronautique dont l'insuffisance nécessitait à l'époque une subvention d'équilibre sous forme de contribution des États membres.
Cette période sera suivie par celle qui consacre le développement de l'Agence. Elle va de 1974 à 1989 et a vu la diminution progressive du nombre de coopérants techniques français avec l'arrivée des cadres formés dans les écoles de l'ASECNA. C'est à ce moment que l'agence a enregistré les premières difficultés des États membres à honorer leurs contributions au budget de fonctionnement tandis que la lourdeur géopolitique se traduisait dans l'administration centrale par un organigramme comportant autant de directeurs que d'États membres et l'adhésion d'un seizième État en l'occurrence la Guinée Équatoriale.
La dernière période entamée en 1989 se poursuit de nos jours et consacre le renforcement des fondamentaux de l'Agence. La première grande réorganisation structurelle de 1989, l'adoption en 1993 d'un statut unique et d'un code de rémunération unique du personnel, l'arrêt en 1996 des contributions des États au budget, l'adhésion de l'Union des Comores (2004) et la Guinée Bissau deux ans plus tard ont contribué à une dynamique que l'Agence entend maintenir, a promis le directeur général.
Le ministre de l'Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, a souligné l'importance du projet et estimé que la réalisation du centre et l'extension de la centrale électrique permettront d'améliorer les capacités d'intervention de nos aéroports. Ce qui contribuera au développement en général, et celui du secteur des transports aériens, et du tourisme en particulier. L. DIARRA L’Essor du - 01/12/2009 |