|
C'est un ouvrage quasiment neuf qui vient d'être rouvert au trafic. Les travaux ont coûté près de deux milliards Fcfa financés par le budget national. C'est un ouf de soulagement pour les Kayésiens et pour toute l'économie de notre pays. Le pont de Kayes fermé depuis bientôt trois mois est rouvert au trafic depuis vendredi.
La cérémonie a regroupé autour du ministre de l'Équipement et des Transports, Hamed Diane Semega, le gouverneur de la région de Kayes, le colonel Mahamadou Maïga, le directeur adjoint du génie militaire, le colonel Ousmane Soumaré et les autorités communales.
Les responsables du Conseil malien des chargeurs, Ousmane Babalaye Daou, du Conseil malien des transporteurs routiers, Youssouf Traoré, des opérateurs économiques et de nombreuses personnalités étaient également présents. Les Kayesiens se sont massivement mobilisés pour fêter la reprise de la circulation sur « leur » pont.
Construit en 1997, le pont de Kayes est un ouvrage essentiel du corridor Bamako-Dakar. Après le déclenchement de la crise armé en Côte d'Ivoire en 2002, ce corridor est devenu la principale voie d'approvisionnement de notre pays. Selon les statistiques, 70% des marchandises à destination ou en provenance de notre pays transitaient par là. Quotidiennement, 300 gros porteurs empruntent en moyenne cette route.
Mais plus que la fréquence du trafic, c'est la surcharge des camions qui a provoqué la dégradation d'une bonne partie la route Bamako-Dakar et particulièrement du pont de Kayes dont la chaussée a été sérieusement endommagée.
Ces dégâts avaient menacé l'existence même de l'ouvrage Le ministère de l'Équipement et des Transports, à travers l'Agence d'exécution des travaux d'entretien routier (Ageroute), avait réagi en engageant une série de travaux sur la chaussée qui avaient permis de maintenir le trafic. Mais le nombre élevé de camions et une surcharge systématique a creusé des trous tels sur la chaussée principale que la superstructure métallique se trouvait menacée. Il fallait absolument entreprendre des travaux approfondis sur la chaussée. D'où la fermeture du pont (voir l’Essor des 27 mai et 11 juin 2009).
La mesure n'était pas du goût des Kayesiens et des usagers du corridor car l'ouvrage en plus de relier Bamako au port de Dakar, est capital pour le quotidien de la cité des rails puisqu’il permet de passer d’une berge du fleuve à l’autre. Les critiques avaient aussi porté sur le moment choisi pour fermer le pont. Avec l’hivernage, la chaussé submersible allait, en effet, immanquablement devenir impraticable. Le grand public s'inquiétait surtout d'une éventuelle rupture de stocks des produits de première nécessité.
C'est le 22 mai que le pont a été fermé au trafic pour trois mois et demi. Comme mesures d'accompagnement, le pont submersible fut rafistolé pour servir au passage des véhicules légers. Mais la crue recouvrit rapidement la chaussée submersible. Le bac de l'Inacom fut mobilisé pour faciliter la traversée des personnes et des véhicules. Face à la densité du trafic, le génie militaire a été également mobilisé sans compter une noria de pirogues.
C'est un ouvrage quasiment neuf qui vient d'être rouvert au trafic. Les travaux exécutés par l'entreprise Somafrec, sous la maîtrise d'ouvrage délégué de l'Ageroute, ont permis de remplacer le tablier, de changer les appuis et les joints de chaussée du pont. L'entreprise a réparé les morceaux de charpente et procédé à la modification des accès du pont. Sa chaussée a bénéficié d'un revêtement en béton bitumineux et l'ensemble de l'ouvrage a été électrifié. Ces travaux ont coûté près de deux milliards de Fcfa financés par le budget national.
"C'est la fin du clavaire pour les habitants de Kayes qui depuis près de trois mois ne dorment que d’un d'œil", a souligné le maire de Kayes. Issa Kanouté a apprécié l’intervention du Génie militaire qui a permis de décongestionner la ville des gros porteurs. Les présidents du Conseil maliens des chargeurs, Babalaye Daou, et du Conseil malien des transporteurs routiers, Youssouf Traoré, ont salué la promptitude et la collaboration entre toutes les parties prenantes qui ont permis de gérer les conséquences de la fermeture du pont. Plus de 60% de l'approvisionnement de notre pays transitent par le pont de Kayes qui doit faire face un à trafic intense, a rappelé Babalaye Daou qui a souhaité un second pont pour la ville de Kayes.
Le ministre de l’Equipement et des Transports a souligné l'importance de l'ouvrage sur le corridor Bamako-Dakar mais également pour les habitants de la ville de Kayes. Hamed Diane Semega a félicité le Génie militaire pour le travail accompli et l'entreprise Somafrec pour avoir achevé les travaux avant le délai contractuel qui expirait le 20 septembre. Il a rappelé que la capacité de l'ouvrage est de 11,5 tonnes à l'essieu et invité les usagers à respecter cette norme. Be COULIBALY
L’Essor n°16523 du - 2009-09-08 ***
« JAMAIS ON AVAIT AUTANT RESSENTI SON ABSENCE » Lors de la cérémonie de réouverture du pont, les habitants de la capitale des rails se sont amassés sur les deux côtés du pont en une marée humaine jamais vue à Kayes. Les habitants de Kayes Ndi et Kayes Ba voulaient tous être témoins de cette journée de fête pour la ville. En effet, depuis plus de deux mois, la mobilité entre ces deux quartiers avait considérablement diminué, car il fallait payer les services d'un piroguier pour se rendre sur l'une ou l'autre rive.
"Depuis deux mois, je n'ai pas quitté Kayes NDI. Tous mes amis sont à Kayes Ba. Depuis la fermeture du pont on ne s'est plus rencontrés", explique un homme d'un âge avancé. "Je n'ai pas le courage d'emprunter la pirogue, car il n'y a pas de sécurité", indique notre interlocuteur. Nombre de personnes ont vécu le même calvaire, certains le racontant les larmes au yeux. "Nous fêtons la réouverture du pont, car jamais on avait autant ressenti son absence", reconnaissent certains.
Au delà de l'insécurité, ce sont surtout les frais de traversée qui pesaient sur les portefeuilles. Ainsi, une personne devait en moyenne débourser 450 Fcfa pour un aller-retour. Une moto est transportée à 250 Fcfa et les bagages entre 500 à 1000 Fcfa selon le poids. Du coup, beaucoup de jeunes s'étaient aventurés dans le métier de piroguier, devenu l'activité la plus rentable. Maintenant, ils vont devoir se reconvertir.
Be.C
Le Génie militaire a effectué un travail remarquable que les Kayésiens n'oublieront pas de si tôt
Les Kayesiens se souviendront certainement longtemps du travail effectué par les éléments du Génie militaire pendant la période de fermeture de leur pont.
Dans les grins et sur les ondes des radios de la capitale des rails, on ne parle que leurs « exploits ».CHAPEAU AU GÉNIE MILITAIRE !
A la veille de la réouverture de pont de Kayes au trafic, le directeur adjoint du génie militaire, le colonel Ousmane Soumaré, est venu apprécier le travail de ses hommes pour faciliter la traversée du fleuve.
C'est le 2 août que 60 hommes du génie militaire ainsi qu'un bac d'une capacité de 80 tonnes ont été dépêchés sur place pour, principalement, aider au passage des véhicules. Outre le bac, le génie militaire a mobilisé un dispositif important d'équipements comprenant 8 camions, des engins de transport de troupes, des grues, des canots de sauvetage, entre autres.
En moins d'un mois, les hommes du génie militaire ont fait traverser plus de 2000 véhicules, la plupart des gros porteurs. Ce qui a permis de décongestionner une capitale régionale littéralement asphyxiée par cet amoncellement de véhicules en provenance ou en partance pour Bamako.
"Le Génie militaire a effectué un travail remarquable que les Kayésiens n'oublieront pas de si tôt. En peu de temps, ils ont évacué la ville des gros porteurs, rétablissant la fluidité du trafic sur le corridor. Ils l'ont fait souvent au péril de leur vie. Nous sommes fiers de notre armée", a témoigné le maire Kayes.
Pour le gouverneur Mahamadou Maïga, l'intervention du Génie militaire a permis de gérer les problèmes de mobilité et de fluidité du trafic sur l'axe Bamako-Dakar en diminuant les encombrements de véhicules sur les rives du fleuve. "Ils ont été d’un apport inestimable. Tous les Kayesiens ont apprécié l'esprit patriotique avec lequel ils ont accompli leur mission", s’est félicité le gouverneur.
« Nous faisons traverser en moyenne entre 150 à 200 véhicules par jour. La plupart sont des gros porteurs qui arrivent avec des défaillances techniques. Il faut les tracter pour remonter la pente sur les rives du fleuve », a expliqué le commandant Fah Nianzon Coulibaly, le chef de la division des opérations du Génie militaire. Le bac est équipé de deux remorqueurs d'une puissance de 250 chevaux chacun, a-t-il expliqué. Il a salué la collaboration des populations qui a permis une bonne exécution du travail.
"Le Génie militaire nous a beaucoup aidé non seulement pour la traversée, mais également pour la sécurité de nos biens. Leur présence a réconforté les usagers. Ils méritent une récompense", estime Seydou Traoré, un chauffeur rencontré dans le bac. Le génie militaire fait même figure de héros à Kayes pour avoir aussi sauvé plusieurs fois des vies humaines. En effet du fait de la fermeture du pont, les pirogues étaient devenues le moyen le plus usité par les habitants.
Lors d'une des traversées, une dispute éclata entre un piroguier et ses passagers au beau milieu du cours d'eau en crue. Le piroguier abandonna sa pagaie pour se ruer sur un des passagers. L’embarcation se renversa et tous ses occupants, dont un bébé et une femme enceinte, se retrouvèrent à l'eau. Ce fut le sauve-qui-peut. Grâce à l'intervention des militaires, tous les passagers ont été sauvés et le piroguier indélicat conduit à la police, ont rapporté des témoins. "Nous avons évité le pire ce jour. N'eut été la présence du Génie militaire tous les passagers se seraient noyés", confirme El Hadj Mahamane Touré, le représentant du CMC.
« Au delà de sa mission classique, le Génie militaire participe à tous les efforts de la construction nationale aussi bien dans le domaine des infrastructures que de l’humanitaire », a expliqué colonel Soumaré qui a félicité ses hommes pour leur bonne prestation.
Be.C |