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La mesure va sauvegarder les infrastructures routières, l’état des véhicules et la santé des personnes dans l'espace sous-régional
Une nouvelle règle régit désormais l'univers du transport routier dans notre pays. A l'instar des autres pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et du Ghana, notre pays a entamé voilà une semaine, l'application de l'instruction interministérielle instaurant le contrôle de la charge à l'essieu, c’est à dire le contrôle du poids des camions circulant sur nos routes.
Pour superviser l'opération et sensibiliser les acteurs au respect de la nouvelle mesure, une mission du ministère de l'Equipement et des Transports conduite par le secrétaire général u département, s'est rendue dans la région de Sikasso jeudi et vendredi. Malick Alhousseini Maïga était accompagné des directeurs nationaux des transports, Djibril Tall, des routes, Issa Hassimi Diallo, et de l'Autorité routière, Mory Kanté. Le président du Conseil malien des chargeurs (C.M.C), Ousmane Babalaye Daou, et son homologue du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), Youssouf Traoré, étaient également du voyage.
L'un des trois postes fixes dont dispose le pays pour l'instant, et le seul installé sur l'axe Bamako-Sikasso, se trouve à Sanankoroba, à 35 kilomètres de Bamako. Il a justifié le premier arrêt de la mission. Sur le parking de ce poste, on pouvait dénombrer une quarantaine de poids lourds en stationnement. Ces gros porteurs étaient bloqués ici parce que leur poids dépasse la limite fixée par le règlement de l'UEMOA, entré en vigueur deux jours auparavant.
L'essieu en terme technique, est la pièce des véhicules de transports poids lourds qui relie les deux roues de part et d'autre. Dans le dispositif de charge, il supporte jusqu'à une certaine échelle le poids de la charge totale contenue dans le véhicule, qu'il répercute ensuite sur le sol. Or, la durée de vie des routes est déterminée par la pression des charges exercée sur elles. En matière de génie civil, on tient, par conséquent, grand compte de cet aspect. Ainsi, de façon conventionnelle, est retenu comme charge de dimensionnement de la chaussée, c'est-à-dire la limite que ne doit pas dépasser une charge à l'essieu, le poids de 13 tonnes, indique Issa Hassimi Diallo. Mais, pour ménager une marge sécurité, les experts ont ramené ce chiffre à 11,5 tonnes, appelé charge à l'essieu pour l'exploitation.
Le respect cette norme est capital pour la survie des routes et la santé des personnes et des biens, a indiqué Malick Alhousseini Maïga. Car, à tout point de vue, la surcharge a un impact négatif sur le transport routier. Djibril Tall explicite le problème avec pédagogie : "Pour faire du transport, il faut du matériel roulant. Pour aller d'un point à un autre avec commodité et dans la durabilité, il faut des routes bien faites. Et, enfin pour mobiliser les moyens de transport, il faut des hommes en bonne santé". Or, la surcharge abîme ces trois éléments qui fondent le transport et finit par le tuer. Elle est à l'origine de la dégradation des routes bitumées. Les routes en mauvais état constituent l'ennemi numéro 1 des véhicules. Le conducteur d'un engin défectueux est exposé à des risques de maladie et d'accidents de la route. Tout ceci concourt à la fragilisation d'un secteur moteur de l'économie des pays.
5.000 FCFA D’AMENDE PAR TONNE EXCEDENTAIRE.
Pour mettre fin à cette situation, les ministres des Transports des pays membres de l'UEMOA et du Ghana se sont réunis en avril dernier, au siège de l’Union à Ouagadougou, pour arrêter un plan d'action de mise en œuvre d'une instruction fixant les modalités de contrôle de la charge à l'essieu. Ainsi, cette charge est limitée à 11,5 tonnes. La mesure s'applique à tous les véhicules de transport routier de plus de 6 tonnes de poids total autorisé en charge, les engins de travaux publics, les véhicules et appareils agricoles. Les opérations de contrôle se font à l'aide d'appareils appelés pèse-essieux, installés dans les postes de pesage fixes ou mobiles. Le contrôle est effectué par les agents de l'Autorité routière et dans les postes mobiles, par ceux de la direction nationale des transports.
Cependant, pour obtenir une adhésion plus douce et plus conciliante des transporteurs, les pouvoirs publics maliens ont adopté des mesures d'accompagnement pour l'application de l'instruction qui a pris effet dans tous les pays de l'Union.
L'explication de cette décision a fait l'objet d'une rencontre entre la délégation et les opérateurs du transport à Sikasso, dans la salle de conférence de la délégation régionale de la Chambre de commerce et d'industrie (CCIM). Pour le chef de la mission, l'objectif est clair. Il s'agit de faire comprendre aux transporteurs que leur pays va consentir de gros efforts pour assainir le secteur, mais aussi, qu'il s’emploiera à conserver les acquis afin de stopper la saignée financière occasionnée chaque année par l'entretien et la réhabilitation des routes. Ainsi, dans l’exécution de l'instruction interministérielle, les pouvoirs publics ont concédé un seuil de tolérance de 14 tonnes aux transporteurs à l'intérieur de nos frontières. Soit 2,5 tonnes de plus que la norme de 11,5 tonnes.
Sur la taxe de surcharge fixée par le règlement de l'UEMOA à 50.000 Fcfa la tonne, le gouvernement a également accordé une faveur aux transporteurs : tout excédent de poids à l'essieu par rapport à la charge de 14 tonnes sera sanctionné d'une amende de 5 000 Fcfa par tonne jusqu'au 31 décembre 2009 (au lieu des 50.000 Fcfa). A compter du 1er janvier jusqu’en juin de l’année prochaine, l'amende passera à 10 000 Fcfa par tonne excédentaire. Ce n'est qu'après cette date que l'application stricte de la mesure communautaire sera effective dans notre pays.
Cette initiative vise, selon Malick Alhousseini Maïga, à soulager les transporteurs et à les préparer à une adhésion lente mais sûre, au nouvel environnement du transport dans l'espace sous-régional.
C.A. DIA |